Les militants anti-OGM ont demandé, pour prix de leur participation au Grenelle de l'environnement, que José Bové soit exempté de procès pour un saccage. Et ils semblent l'avoir obtenu. Le procureur du Tribunal de Carcassonne a en effet demandé le renvoi du dossier, au regard des évolutions qui pourraient apparaitre sur ce dossier des OGM à l'occasion du Grenelle de l'environnement. Les anti-OGM crient victoire et semblent trouver tout à fait normal que le procureur suive les instructions du gouvernement, qui pour des raisons politiques, souhaite interrompre le cours de la justice. Et les juges suivent !

Pourtant, les faits qui devaient être jugés portaient sur un saccage d'entreprise (Monsanto), un site de cette firme ayant été pris d'assaut par une centaine de militants OGM. En droit pénal, cela s'appelle entrave à la liberté du travail et dégradations, qualifications retenues pour les poursuites. Il me semble que de tels faits soient punissables pénalement et que la motivation de l'acte (politique ou crapuleuse) n'entre pas en ligne de compte. Qu'un procureur (qui n'a pas envie de se faire convoquer) obéisse servilement aux ordres ne semble pas déranger des militants de gauche quand la décision va dans leur sens.

Serions-nous devant une nouvelle dérive, avec un premier exemple de ce que donne un "parquet aux ordres" ? Je le crains, et je souhaite que tous ceux qui se sont élevés contre la convocation du procureur de Nancy réagissent également devant cette intrusion politique dans le cours de la justice. L'application du droit ne doit pas être un objet de transaction politique.