Authueil

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vendredi 29 juin 2007

Tourne sept fois ta langue...

On ne pourra plus faire de la politique comme avant. Patrick Devedjian vient d'en faire la douloureuse expérience. Parlant d'Anne-Marie Comparini, il a ce mot déplacé "cette salope".

Pour entendre régulièrement des conversations entre politiques de haut niveau, surtout quand ils parlent d'autres personnalités politiques, on est là dans la "normalité". Le milieu politique, en off, est d'une grande violence verbale. Dans cette réplique, Devedjian ne porte pas une appréciation sur la moralité personnelle de Madame Comparini. Des "salopes", il y en a au Parlement, mais Anne-Marie Comparini n'en fait pas partie. Ce que Patrick Devedjian a exprimé, c'est son plaisir de voir battue une personnalité politique qui, selon lui, a trahi le camp dont elle est issue (la droite) en suivant François Bayrou jusqu'au bout de son aventure du Modem. Plus que "salope", il faut comprendre "traitresse".

Devedjian traduit là un sentiment général et ancien, une vieille animosité entre anciens RPR et anciens centristes. La haine est d'ailleurs réciproque et on mettrait un micro indiscret dans une conversation de Modem, on en entendrait des belles sur les UMP. Ce qui change, c'est que maintenant, il faut faire attention à ce que l'on dit. A n'importe quel moment, on est susceptible d'être filmé (parfois à son insu) et de retrouver la vidéo sur internet, avec les effets dévastateurs pour l'image (si tant est que l'image de Devedjian pouvait encore être pire que ce qu'elle est). On avait eu un premier aperçu avec ce pauvre Alain Duhamel et son coming-out centriste. On a maintenant la confirmation avec Devedjian, surpris "au naturel".

En rodage

J'avais espéré que la présidence de la commission des Finances attribuée à l'opposition ne serait pas l'occasion d'en faire une tribune politique. Pour une première sortie, Didier Migaud a fait fort. Il a critiqué le projet de loi de finance rectificative, et donné un coup de pied dans la fourmillière de la réserve parlementaire. Aussitôt, la réplique est venue de la droite, et notamment de Gilles Carrez, le rapporteur général du budget.

Je ne pense pas qu'il faille s'inquiéter de cette escarmouche. Il y en aura d'autres. Didier Migaud pose les limites, tate le terrain. Pour que son rôle de contrôle soit efficace et crédible, il doit montrer qu'il sait sortir les griffes. Dans l'autre sens, la droite doit montrer qu'elle ne reste pas sans réaction et que Didier Migaud à intérêt à bien préparer ses sorties politiques, sous peine de se voir remonter les bretelles.

A coté de ce rodage droite-gauche, il est aussi nécessaire d'acclimater la gauche à ce nouveau système. Certains n'étaient pas très chauds d'accepter ce poste de président de la commission des finances, y voyant là un piège. Le risque est réel de voir un président de gauche servir de "caution morale" à un politique fiscale de droite. Alors que la droite s'efforce au maximum de présenter ce poste comme "technique", certains à gauche n'oublient pas qu'il est également politique. Il faut donc que Didier Migaud leur donne des gages et n'apparaissent pas comme un allié objectif de la droite, un béni-oui-oui qui laisse tout passer.

L'équilibre n'est pas évident à trouver et restera de toute manière instable, soumis à la conjoncture politique. En cas de forte polémique politique sur un sujet financier, le président de la commission de finances sera au coeur de la tornade. Cela risque d'être autrement plus violent.

mercredi 27 juin 2007

bonnes intentions

"Il est normal que quand on a demandé à avoir un mandat du peuple, on l'exerce". Cette petite phrase de François Hollande, pleine de bonnes intentions, m'a beaucoup amusé. Surtout quand on sait qu'en 2004, il a demandé à Stéphane Le Foll, son directeur de cabinet de PS, de rester en poste auprès de lui alors que ce dernier venait d'être élu député européen...

Plus globalement, il ferait bien d'appliquer cette bonne intention à l'ensemble des députés européens socialistes, dont certains (à l'image de la délégation française) ne sont pas d'une grande assiduité à Bruxelles.

lundi 25 juin 2007

Une expérience qui peut fonctionner

C'est finalement Didier Migaud qui devrait récupérer la présidence de la commission des Finances de l'Assemblée nationale. C'est sans doute la décision la plus sage que pouvaient prendre les socialistes, tant le candidat était idéal. Techniquement compétent, il a su faire preuve d'absence d'esprit partisan en mettant sur pied la LOLF (Loi organique sur les lois de Finances) en partenariat avec Alain Lambert, sénateur UMP de l'Orne et en assurant tout le travail de suivi de la mise en place.

C'est un signe très encourageant pour la réussite de l'expérience parlementaire qui consiste à mettre un opposant à la tête de la commission des finances de l'Assemblée nationale (celle du Sénat est tenue par Jean Arthuis, centriste rallié au Modem, un quasi opposant donc). Les députés UMP étaient plus que réticents à cette innovation, craignant que cette place ne devienne une tribune politique et que son titulaire en profite pour paralyser l'action de la majorité. Avec un député plus "politique" comme Jean-Marie Le Guen, on pouvait avoir des craintes. Pas avec Didier Migaud, réellement respecté à l'Assemblée. Il sera sous surveillance, notamment des vice-présidents UMP, avec qui il fonctionnera en tandem. On parle pour cette place de Michel Bouvard, député de la Savoie, déjà vice-président de la commission des Finances. On verra qui sera l'autre.

Pendant 5 ans, il va pouvoir mettre en place un système de fonctionnement, des coutumes, des règles non écrites, fixant les contours de sa fonction. Forcement, il ne se comportera pas comme le ferait un président issu de la majorité. Alors qu'actuellement, le président peut trancher seul, Didier Migaud devra consulter. La vérification de la recevabilité des amendements devrait changer de forme. Actuellement, le président délègue cette tâche très technique à un petit groupe de fonctionnaires de l'Assemblée, très pointus, sans forcement vérifier leur travail. Cela provoque parfois la visite de députés de la majorité, mécontents de voir un de leur amendements recalés au titre de l'article 40 de la constitution. Il y a parfois des explications franches qui ne seraient pas possibles entre un député de la majorité et un président de commission de l'opposition. Autre sujet sensible, le contrôle de l'ordre du jour de la commission, la décision de convoquer ou non. Très souvent, cette commission est convoquée de manière impromptue, pour examiner la recevabilité d'amendements, parfois même lors d'interruptions de séances. Cela permet d'aller vite et de passer des choses, discrètement lors d'une séance de nuit. Avec un président membre de l'opposition, terminé le catimini et c'est tant mieux ! En même temps, une obligation de comportement loyal pèsera sur ce président issu de l'opposition. Là encore, tout est à inventer tant cela est inédit dans les modes de fonctionnements du Parlement et dans la culture politique française.

Même si la méthode choisie par Sarkozy (le passage en force) me froisse un peu, j'approuve pleinement cette mesure et encore plus le choix de celui qui doit essuyer les plâtres. Je lui souhaite bonne chance et bonne réussite.

Recompositions

La période post-élection est un grand moment d'agitation dans les structures partisanes. C'est la période des ajustements, dans la répartitions des places, mais aussi dans les grandes orientations. Il n'y a plus d'échéance avant un certain temps, on peut se déchirer en toute bonne conscience (certains appellent cela débattre de manière vigoureuse). Il faut faire la part des choses entre ce qui relève des progressions de carrière et de la distribution des postes et ce qui relève des inflexions stratégiques et idéologiques. C'est difficile car le people, toujours plus facile à saisir, plus spectaculaire et sanglant, retient facilement l'attention. Difficile aussi de dénouer des fils entremêlés, les changements de personnes pouvant être liés à des mutations stratégiques.

Chez les Verts, Cochet ouvre le bal, directement avec une proposition de dissolution. Les verts ont préféré lancer une rénovation". Cela commence à devenir inquiétant, car ce parti change régulièrement de dirigeant, prenant à chaque fois une personnalité encore plus inconnue que son prédécesseur. Pendant ce temps, les locomotives médiatiques comme Noël Mamère ou Yves Cochet sont marginalisés ou dégoutées. Faire moins que le PCF, est-ce une ambition ? En tout cas, c'est ce qu'a réussi à faire Dominique Voynet et cela semble suffire à certains. Le choix est pourtant clair pour les Verts : le maintien de la "pureté idéologique" et alors, on continue en autonome, sur les mêmes modes de fonctions internes, ou la recherche de l'efficacité. Dans ce cas-là, c'est la stratégie du grand parti unitaire qui s'impose, capable d'arriver au pouvoir et au sein duquel les militants verts seraient autre chose qu'une force d'appoint, qu'une simple caution écologiste à qui on donne quelques os à ronger mais que l'on n'écoute pas sur le reste.

Au PCF, l'agonie se prolonge. Bientôt, il n'y aura plus rien à offrir et le parti sombrera corps et biens (du moins ce qu'il restera de biens). De ce coté là, pas d'avenir.

Au PS, c'est beaucoup plus passionnant. Il y a tout pour faire un grand mélodrame médiatique, avec de la haine, des couples déchirés, des petits meurtres entre amis. Cela ne doit pas occulter le fond. Le PS est véritablement à un tournant, du moins peut prendre un tournant, mais en sera-t-il capable ? Ségolène Royal semble décidée à prendre d'assaut le PS, avec ses propres troupes et comme au Moyen-Age, les défenseurs de la fortesresse risque d'être passés au fil de l'épée en cas d'assaut réussi. C'est la solution radicale du nettoyage intégral. Pour cela, elle peut compter sur ses réseaux qui se sont étoffés lors de la présidentielle et sur la lassitude de nombre de militants et de sympathisants. Il n'y en aura pas beaucoup à se mobiliser pour défendre les éléphants. Mais pour autant, Ségolène Royal n'est pas assurée de l'emporter. Les chatelains actuels connaissent chaque recoin de la forteresse (qui en est truffée) et la bataille risque de se dérouler au corps à corps, sur leur terrain. Leurs troupes sont peut être moins nombreuses, mais nettement plus aguerries que celles de Ségolène Royal. A la bataille, il ne suffit pas d'être les plus nombreux et on a vu des armées pléthoriques être mises en déroute par des adversaires nettement moins nombreux, mais mieux entrainés, mieux organisés et plus déterminés. Derrière cette bataille, c'est la possibilité de rénovation que se joue. En cas de victoire de Ségolène Royal, le PS pourra se rénover, évoluer. Vers où, on en sait rien car il ne semble pas que Ségolène Royal ait un corpus doctrinal tout prêt, ni même des orientations. Et ce n'est peut-être pas plus mal ! Par contre, sa défaite entrainerait un maintien du fonctionnement actuel, à savoir un cartel regroupant des élus et des militants aspirant à être élus, qui se mettent ensemble pour gagner des élections et conserver leurs postes. L'aspect idéologie et programme serait alors entièrement soumis à ce but, donc purement secondaire. L'issue est franchement incertaine et il en est même qui ont fait le pari de l'échec de Ségolène Royal. C'est le cas de Jean-Marie Bockel, qui, jugeant le PS inréformable, a décidé de le quitter pour rejoindre "l'ennemi". Il risque de s'en mordre les doigts si Ségolène Royal l'emporte, car son courant social-libéral ne participera alors pas à la refondation à gauche, sans être assuré de pouvoir participer à celle de droite.

Autre parti en pleine mutation, le Modem. même si on en parle peu, il s'y passe des choses qui engagent son avenir. Le résultat du deuxième tour a été à la fois une bénédiction et une malédiction. Un heureux évènement car en sauvant quatre sièges, le Modem obtient un résultat inespéré vu les scores du premier tour. Mais c'est aussi une source de graves difficultés car les électeurs du Modem se sont reportés massivement sur les candidats de gauche et certains des modem élus l'ont été avec l'ensemble des voix de gauche. Alors que Bayrou se veut "ni droite-ni gauche", le point d'équilibre du modem s'est très fortement déplacé vers la gauche. D'après les échos que j'ai de certains départements, les élus qui se sont ralliés au Modem sont plus ou moins sommés par les militants de couper les ponts avec la droite. Il en va de même des militants et cadres de l'UDF qui ne se rangent pas ouvertement dans l'opposition. On risque d'assister à une nouvelle saignée d'élus et de militants, qui vont se réfugier au sein du nouveau centre (spécialement conçu pour les accueillir) et faire du Modem un parti de centre-gauche. Il me semble que l'on reproduit le shéma de division des radicaux, dans les années 70, avec une branche à droite et une branche à gauche. Dans ce cas, Bayrou aura perdu son pari de création d'un grand centre. Il lui restera alors la solution de se lancer à l'assaut de l'espace politique social-démocrate et social-libéral, laissé idéologiquement en friche par le PS et recréer ainsi, sous un autre nom, l'ancien PSU. Pas vraiment ce que voulait Bayrou, mais faute de grives, on mange des merles.

L'UMP enfin, est dans une position beaucoup moins agitée. La ligne est claire, c'est la mise en hibernation de l'appareil militant, avec le maintien d'un cercle de reflexion. L'ensemble des commandes et des dirigeants ne sont plus à la rue de la Boetie, mais à l'Elysée et dans les ministères. L'actuelle querelle entre Raffarin et Devedjian est surtout une affaire d'ego, de lot de consolation que se disputent deux grands fauves en quête d'un titre et d'une fonction pour exister médiatiquement et politiquement. Cela risque de se finir par un partage entre un régent (Raffarin) qui règne par intérim mais ne gouverne pas, et un intendant (DEvedjian), qui tient les comptes et assure l'entretien pour un propriétaire absent. Je doute qu'il en sorte une révolution idéologique. S'il se passe des choses à droite, ce ne sera sans doute pas là.

vendredi 22 juin 2007

La modestie de l'énarque

Bruno Le Maire, très proche conseiller de Dominique de Villepin, a réussi à se recaser en récupérant la circonscription de Jean-Louis Debré, dans l'Eure. Ce monsieur a un beau CV, ainsi que la modestie qui va avec. Je vous invite à consulter sa fiche et à regarder la case "profession". Je me demande s'ils se rendent compte de ce qu'ils écrivent...

Répartition des postes

A gauche aussi, il y a des postes à répartir. Certes moins qu'à droite, mais un peu quand même, et les luttes ne sont pas moins rudes. Elles seraient même plus violentes.

D'après les échos que j'en ai, il semble que les socialistes n'ont pas changé dans leur mode de structuration. L'important, c'est le courant. Et nouvelle étrange, la bataille fait rage entre fabiusiens et strausskahniens. Le courant majoritaire mené par Hollande semble complètement absent de la bataille pour la répartition des postes. De ce fait, Jean-Marc Ayrault risque de perdre la présidence du groupe PS, au profit d'un fabiusien (on parle même de Fabius lui-même). L'autre gros morceau promis par Sarkozy, la présidence de la commission des Finances reviendrait alors à un strausskahnien, mais il semblerait que ce qui intéresse DSK, c'est la présidence du groupe (pas fou) d'où ses gesticulations autour de ce cadeau fait à l'opposition et présenté comme un piège qu'il faut refuser. Cela obligerait les fabiusiens à présenter de nouveaux équilibres de répartitions et relancerait la bataille.

Ce mode de fonctionnement en courant à un gros inconvénient : la compétence technique est reléguée au second plan, loin derrière l'allégeance politique. C'est ainsi que Didier Migaud, pourtant de loin le plus qualifié au PS pour prendre la présidence de la commission des finances, se retrouve quasiment hors course. Pas de la bonne écurie ! Cela ressemble assez furieusement au mode de fonctionnement des nominations chiraquiennes : la fidélité politique avant tout. Ce serait bien que cela change.

Acharnement et ostracisme

Certains lobbies ont la dent dure et ne lâchent pas comme cela leur proie. Et certains, dans les hautes sphères du pouvoir, ont la lâcheté de se plier à leurs injonctions.

Un magnifique exemple, l'ostracisme prononcé contre Christian Vanneste. Il a été condamné pour propos homophobes, en première instance et en appel. Quoique l'on pense de la loi qui a servi de base à sa condamnation, la justice a tranché. Elle a prononcé une peine qui ne comporte pas de privation des droits civiques et donc pas d'inéligibilité. Les tribunaux ont considérés que si les propos tenus par Christian Vanneste sur l'homosexualité sont blâmables, ils ne justifient pas une mise au ban de la société.

Il ne semble pas que cela suffise à certains, qui s'acharnent sur cet homme, pourtant réélu largement dans sa circonscription, alors que d'autres eux aussi condamnés par la justice (Alain Carignon à Grenoble) ont été lourdement battus. Si le "crime" de Christian Vanneste avait été si terrible et affreux, ses électeurs en auraient été gênés et n'auraient pas forcement voté pour lui. Le lobby gay continue pourtant à le traiter comme un criminel contre l'humanité, un type infréquentable dont le simple contact rend homophobe. En des temps anciens, Christian Vanneste, après ce procès en hérésie qui lui est fait, aurait fini sur le bucher. C'est quand même étrange de voire certains, qui se proclament apôtres de la tolérance (quand elle les sert) se transformer en inquisiteurs pour faire taire leurs adversaires.

jeudi 21 juin 2007

La course à la questure

Après la présidence, est venu le temps de la course aux autres postes. Sont ainsi offerts à la convoitises des députés les postes de membres du bureau de l'Assemblée nationale.

Commençons par le moins important, le poste de secrétaire. C'est une coquille vide, un titre formel qui donne peu de droits. On assiste aux réunions de bureau, ce qui permet d'avoir l'information et de pouvoir se faire le relais des collègues de temps à autre. On grimpe aussi dans la subtile hiérarchie de l'Assemblée, où tous les députés ne sont pas égaux. On le voit dans l'attribution des bureaux, où les plus hauts dans la hiérarchie sont les premiers servis. Entrent en compte l'ancienneté (nombre de mandats), l'exercice actuel ou ancien de responsabilités (ancien ministre, vice-président de l'Assemblée, président ou vice-président de commission), le poids médiatique, la proximité politique avec un grand leader. Etre élu secrétaire permet de peser un peu plus et d'obtenir davantage ce que l'on demande. C'est invisible aux yeux du public, mais ça compte énormément, car c'est parfois un petit rien qui vous permet d'être désigné rapporteur sur un important projet de loi. Et en plus, secrétaire de l'Assemblée, cela fait bien sur une carte de visite et permet d'épater l'électeur de province en lui faisant croire qu'on est dans le saint des saints.

Autre poste plus prestigieux, mais offrant en fait assez peu de pouvoir, celui de vice-président. Là, les avantages matériels sont plus conséquents, avec l'attribution de bureaux très spacieux et très bien placés, à proximité immédiate de l'hémicycle. On gagne aussi un nombre de points suffisant pour vous faire passer en haut de la hiérarchie. Une fois que l'on est plus vice-président, on rechute assez rapidement et au bout de 5 ans, plus personne ne se souvient que vous étiez vice-président. Mais contrairement à la fonction de secrétaire de l'Assemblée, être vice-président présente des contraintes et demande des qualités que tous n'ont pas. Leur rôle est de suppléer le président pour la présidence des débats. Il faut donc que le vice-président ait suffisamment d'autorité pour distribuer la parole et la reprendre (ou la refuser) et qu'il soit capable de "tenir son hémicycle". Parfois, dans les débats houleux, ce n'est pas évident et le grand jeu de l'opposition est de ruser et de gagner du temps. Il faut donc un président de séance à la fois ferme et souple, pour que le débat ait lieu et qu'il ne s'enlise pas. En plus, cela demande de rester sur Paris les jeudi, voire les vendredi quand l'ordre du jour prévoit des séances. Cela implique de rester parfois des heures sur le fauteuil, à écouter des orateurs se succéder à la tribune devant trois pelés et deux tondus, en séance de nuit.

Troisième poste, très stratégique, celui de questeur. Ils sont trois (deux pour la majorité, un pour l'opposition) qui sont en charge de la gestion matérielle et financière de l'Assemblée. Ils tiennent la caisse, gèrent les bâtiments, les travaux, le personnel. Les avantages matériels sont plus que substantiels, puisqu'en plus d'un beau bureau et d'une secrétaire, ils ont aussi un luxueux appartement de fonction au sein même de l'Assemblée nationale (ils le prêtent très régulièrement aux députés pour des receptions, des repas de travail). C'est dire si le poste est stratégique et envié, mais il est rarement disponible car la fonction nécessite une certaine expérience et une continuité. Les questeurs sont souvent réélus et il n'est pas rare de voir certains rester 10 voire 15 ans. Cette année, les deux places de la majorité sont libres puisque Guy Drut et Claude Gaillard, les questeurs sortants, ne se sont pas représentés comme députés. Les candidatures sont nombreuses et parmi elles, il y en a une qui a provoqué un fou rire chez beaucoup, tellement c'est osé et culotté. Je vous laisse deviner de qui il s'agit...

mercredi 20 juin 2007

Accoyer 195, Ollier 99

Il n'y a pas eu photo pour la course au perchoir. Le président du groupe UMP, Bernard Accoyer, l'a largement emporté sur le président intérimaire, et est ainsi assuré d'être le prochain président de l'Assemblée nationale. On parle pour Ollier de la présidence de la commission des Affaires Etrangères, poste que l'on avait donné à Edouard Balladur après sa défaite face à Jean-Louis Debré pour le perchoir, en 2002.

Défendre son bout de gras

La fin de l'émission de Schneidermann "arrêt sur image" commence à agiter sérieusement la blogosphère. J'ai donné mon avis sur cet arrêt, je n'y reviens pas. Ce qui m'intéresse ici est le décryptage de la stratégie de Scheidermann pour tenter de sauver son émission et donc son emploi à France 5 et in fine son salaire (dont j'aimerais connaitre le chiffre). Parce que je crois plus à la volonté de Schneidermann de défendre son train de vie et son temps d'exposition télévisuel qu'autre chose...

Après que le signal de la charge ait été donné sur le big bang blog (qui ne s'arrête pas), voilà qu'une pétition se lance, pour demander le maintien de l'émission. Les motivations avancées surfent sur l'air du temps : il faut préserver la diversité. Avec ça, Schneidermann aurait fait un bon candidat Modem. Il s'appuye aussi sur le fantasme de la purge politique dans les médias, avec à peine voilée une mise en accusation du pouvoir en place. Je rappelle qu'en 1981, la purge dans les médias et notamment à la télévision a été réelle et sévère, avec des personnalités (certes de Droite) débarquées sans ménagement, et qu'on aurait envoyé au bucher à une autre époque. Comparez donc avec ce qui se passe aujourd'hui !

Arrêt sur image est une émission qui dure depuis 12 ans. C'est long et il est de bonne politique pour une chaîne de télévision de savoir arrêter avant l'épuisement complet. Laurent Ruquier a eu l'intelligence d'arrêter avant d'être complètement usé et de devoir partir sans gloire, avec des chiffres d'audience calamiteux. Dans le cas d'arrêt sur images, ce n'est pas le concept qui est visé puisque la chaîne se propose de mettre à la place une autre émission de décryptage de la télévision. Certes cela va changer les petites habitudes, le présentateur ne sera pas le même, la formule sera un peu différente. Et alors, nous ne sommes pas tous des petits vieux conservateurs qui vivent comme un drame le changement de présentateur du journal de TF1 (c'est d'ailleurs pour cela que ça fait des lustres que nous avons Pernaud et PPDA). Il faut laisser leur chance aux nouveaux, Schneidermann n'est pas irremplaçable, pas plus qu'il n'est l'ultime rempart de la démocratie face à la grisaille sarkoziste qui menacerait d'engloutir les médias.

Scheidermann attaque aussi le patron de France-télévision de basse vengeance, d'avoir fait preuve de brutalité dans l'annonce de la décision. Sur le premier point, je n'en sais rien, mais je constate juste que Schneidermann ne cherche pas le consensus, il est plutôt tranché dans ses critiques. C'est son droit, mais qu'il ne s'étonne pas de prendre des retours de flammes. Qui sème le vent récolte la tempête ! Sur le timing de l'annonce, la direction de France 5 n'avait pas le choix. Ils ne pouvaient pas annoncer cela en pleine campagne électorale, cela aurait encore plus passé pour de la censure politique. En même temps, il faut pouvoir annoncer la grille de rentrée avant les départs en vacances. Cela ne laisse qu'une très courte fenêtre, d'où l'aspect "couperet de guillotine" de l'annonce. N'importe quel responsable de chaîne aurait été confronté à ces contraintes objectives.

Sur l'indépendance des médias, ne vous en faites pas ! Actuellement, c'est Sarkozy qui est au pouvoir, qui tient bien la barre. Attendez donc qu'il donne des signes de faiblesse, qu'il soit en difficulté ou en fin de course. Il se fera déchiqueter par ceux-là même qui lui mangeaient dans la main au temps de la splendeur. Que les médias soient à la botte des pouvoirs politiques et financiers, ce n'est pas nouveau et ce n'est sans doute pas prêt de finir, quelque soit la couleur du pouvoir politique d'ailleurs. Pour autant, il y a toujours des foyers de résistance, qui font que la liberté de la presse et de l'information survivent en France. Je commencerai à m'inquiéter sérieusement quand on cherchera à empêcher la parution du Canard enchaîné.

mardi 19 juin 2007

Gouvernement-spectacle

Le gouvernement Fillon 2 est connu. Mis à part le départ d'Alain Juppé et son remplacement par Jean-Louis "à-qui-profite-le-crime" Borloo, la liste des ministres ne connait que peu de changements. Christine Lagarde passe à l'économie et Barnier arrive à l'agriculture. Rien de bien excitant.

Du coté des nouveaux secrétaires d'Etat, c'est bien plus amusant. On sent le coup préparé de longue date, les choix paufinés, calibrés au millimètre pour en faire une deuxième opération de communication, après celle de la composition du premier gouvernement Fillon. Plusieurs couches se superposent.

Il y a d'abord les récompenses pour trahison services rendus. André Santini va à la fonction publique. Pas mauvais choix techniquement, de mettre un vieux roublard face aux syndicats de la fonction publique. Il a le cuir épais ce bon Santini et sous ses dehors bonhommes, c'est un coriace. Autre récompensé au mérite, Alain Marleix, député du Cantal, le "monsieur investitures" de l'UMP, qui tient là son baton de maréchal. Secrétaire d'Etat, à quoi, ce n'est pas essentiel, mais secrétaire d'Etat. Laurent Wauquiez est dans la même catégorie, avec ce magnifique hochet qu'est le porte-parolat "sec". Cela évite une crise de larmes du benjamin du gouvernement, qui ayant terminé premier partout dans ses études, estime qu'un secrétariat d'Etat lui revenait de droit. Enfin Christian Estrosi, qui lui aussi a bien servi son maître comme porte-flingue et qu'il fallait tirer d'un mauvais pas. Il risquait fortement de se faire éclater la gueule par Jean-François Copé pour la présidence du groupe UMP à l'Assemblée nationale. Une sortie honorable lui est ainsi offerte avec l'Outre-Mer.

Contrairement à la première catégorie, d'autres sont placés à des postes où ils ont une réelle compétence. C'est le cas de Nathalie Kosciusko-Morizet à l'Ecologie, d'Hervé Novelli aux entreprises et au commerce extérieur et de Luc Chatel à la consommation (il est moins légitime pour le Tourisme). Ceux là ont une vraie légitimité si on se réfère à la volonté de Nicolas Sarkozy de ne prendre des ministres que sur la base de la compétence.

Troisième catégorie, les gadgets, la communication à l'état purà qui ont confie des coquilles vides. Il y a d'abord les secrétaires d'Etat d'ouverture, que l'on débauche au nouveau centre pour les arrimer à la majorité (Valérie Létard), des socialistes comme Jean-Marie Bockel (les députés alsaciens, tous de droite sauf un font une gueule de plusieurs kilomètres de long) pour continuer à foutre la merde au PS. Il y a ensuite les "cautions colorées", deux femmes d'origine immigrées. Je découvre le nom de Fadela Amara Fadela Amara, présidente de "ni putes ni soumises" que l'on peut aussi ranger dans la catégorie des ralliés venus de gauche, nommée à la politique de la ville et j'ai déjà vu la charmante Rama Yade à la télévision. Sans remettre en cause leur compétence, je ne vois pas ce qu'elles pourront faire concrètement à part de la communication et le rôle de "quotas de noirs". C'est dommage de gâcher ainsi le geste très significatif qu'a été la nomination de Rachida Dati au ministère de la Justice.

Et enfin, le meilleur pour la fin, Bernard Laporte au secrétariat d'Etat aux Sports. On tombe là dans le ridicule achevé, car sa nomination ne prendra effet qu'à l'automne. Si ce n'est pas de la com', je ne m'y connais plus. J'ai envie de signaler à Nicolas Sarkozy que la campagne est terminée et que le gouvernement de la France, c'est du sérieux ! Un bon professionnel du sport ne fait pas nécessairement un bon ministre. Le pauvre Bernard ne semble pas s'être rendu compte dans quelle galère il s'est engagé et la sauvagerie de ce milieu, qui n'a pas franchement l'esprit "rugby". Et en plus, on le met en adjoint de Roselyne Bachelot. C'est un concours à qui sortira le plus de conneries à la minute ? En tout cas, c'est un tandem qui va réjouir les guignols et leurs spectateurs.

La séparation Hollande-Royal

Avec un titre comme ça, je devrait attirer du monde ! Rien que hier, 150 requêtes de moteur de recherche ont amené des visiteurs vers ce blog, autour de cette question, avec en point d'orgue la recherche du nom de la nouvelle compagne de François Hollande. Autant le dire tout de suite, je n'en sais rien. Le nom d'Anne Hidalgo est souvent avancé, mais aucun élement ne vient l'étayer. Un autre nom, celui d'une journaliste chargé du suivi du PS commence à circuler. Ce serait assez comique, car c'est un parallèle avec la liaison Sarkozy-Fulda. Quand on vous parle des liens parfois très resserés entre les politiques et les journalistes chargés de les suivre...

Sur l'impact politique de cette révélation, on peut trouver à redire sur tout. C'est une information qui n'est pas banale, vu les positions politiques des deux protagonistes au sein du camp socialiste. Qu'ils marchent main dans la main ou pas, cela change quelque chose ! Couvrir cela du manteau de la "vie privée" est abusif. Le timing de la révélation est également très contestable, car cela fait longtemps que tout ceux qui gravitent dans ce milieu savent que le lien sentimental est rompu. Dès 2006, il n'y avait déjà plus rien entre François Hollande et Ségolène Royal. Cette dernière a quand même préféré conserver la fiction du couple uni, parce que cela servait ses intérêts politiques. Et dès la séquence électorale terminée, on annonce que le couple est brisé, que c'est fini, sans délai de décence ni de carence. Le pauvre François est viré sans préavis, prié d'aller vivre sa vie ailleurs. Il est vrai que ce compagnon étant devenu une gêne plus qu'un atout pour Ségolène Royal, elle s'en débarasse comme d'une vieille serviette. Plutôt brutal comme annonce de rupture. La crédibilité de Ségolène Royal est à mesurer à l'aune de ses déclarations pendant la campagne électorale sur la solidité de son couple ! Dernier coup vache (peut-être pas volontaire), l'annonce en pleine soirée électorale. Le PS sauve les meubles par miracle aux Législatives, cela aurait dû être l'information de la soirée. Et bien non, c'est encore Ségolène Royal qui occupe le devant de la scène, au détriment du parti. Cela promet pour l'avenir.

lundi 18 juin 2007

le coup de la TVA sociale ?

Les résultats du second tour ne sont pas conformes à ce que l'on pouvait envisager au soir du premier tour. Sans que l'on puisse parler de déroute pour la droite (elle perd des circonscriptions, mais elle en gagne aussi), la vague s'est brisée.

Tous les regards se portent sur l'affaire de la TVA sociale, maladroitement lancée par Borloo et adroitement reprise par la gauche qui y a trouvé le chiffon rouge médiatique qu'elle attendait depuis longtemps. Est-ce là le seul ressort de cette nette inflexion du second tour ? Cela a joué, c'est indéniable et les oreilles de Borloo risquent de siffler pendant un certain temps. D'aucuns l'accusent même d'avoir sciemment "foutu la merde" par dépit de ne pas avoir nommé Premier Ministre. Ca augure bien pour la solidarité de l'équipe Sarkozy.

Mais il n'y a pas eu que cela. Le choix des électeurs du Modem de se rallier assez massivement aux candidatures d'opposition à beaucoup joué. Dans un certain nombre de circonscriptions, ils étaient les arbitres du scrutin et ils ont écouté les appels de Bayrou, mais aussi de Ségolène Royal en faveur du "pluralisme". Quand on regarde près la carte des élus et des battus, il n'y a pas tant que cela de surprises et nombre de députés UMP annoncés comme "fragiles" ont été battus. On est retombé dans une configuration "normale", assez conforme à l'état des forces politiques et des évolutions de fond. La Gauche continue à garder ses bastions du Sud-Ouest, continue à se renforcer dans l'Ouest (le résultat breton est significatif à cet égard).

Un troisième facteur a pu jouer, celui de l'abstention, qui a changé de camp. Les électeurs de droite ont pu se sentir démobilisés, estimant la partie gagnée après un premier tour en fanfare. A l'inverse, les électeurs de gauche ont eu un sursaut et ont retrouvé un peu de combativité, l'abstention n'étant pas tellement dans leur culture politique. Le résultat du premier tour aurait presque fait oublier que Ségolène Royal a fait 47% de voix, ce qui est une défaite, mais pas un désastre. Et comme les meilleures terres de droite ont désigné leur député dès le premier tour, ne restait en jeu que les circonscriptions les moins favorables, d'où une impression de débâcle de la droite.

Je pense que sur ces deux scrutins, présidentiel et législatif, les électeurs ont globalement fait preuve d'une grande maturité. Lors de la présidentielle, ils ont le fait le choix clair d'un homme et d'un projet cohérent, lui donnant, mais pas trop, les moyens de mener sa politique.

Les législatives

Ces élections législatives 2007 auront été surprenantes. La droite l'a emporté, avec une majorité confortable. La gauche n'a pas été écrasée et a un mandat clair pour jouer son rôle d'opposante. Finalement, c'est très bien.

Les législatives sont toujours étonnantes, car très différentes selon les endroits. On a parfois des candidats qui l'emportent grâce à leur forte implantation sur le terrain, alors qu'ailleurs, c'est le parachutage et l'ambiance politique nationale qui pèsent le plus lourd. Comme à chaque fois, on a des scores très serrés, des victoires sur le fil. L'analyse est forcement compliquée et je ne m'y risquerai pas.

Quelques satisfactions : La débacle de Carignon à Grenoble, la défaite d'Arno Klarsfeld à Paris, la réélection de quelques députés UMP de base très menaçés, et qui pourtant méritaient leur réelction (André Flajolet par exemple), la réélection des mes employeurs...

Quelques déceptions : La victoire d'Arnaud Montebourg, la défaite quelques députés UMP que j'aimais bien.

Maintenant, c'est parti pour cinq ans.

dimanche 17 juin 2007

La fin d'arrêt sur image ?

La question semble sérieusement posée de l'arrêt de l'émission de Daniel Schneidermann, "arrêt sur image". Cela désole mon ami Jules, qui y voit une faute politique.

Du temps où j'avais la télévision, je regardais parfois cette émission. J'en retirais un sentiment mitigé. Le concept de décryptage de la télévision, de pointer les biais, les tricheries, les petits arrangements, cela m'enthousiasme. C'est une bouffée d'esprit critique indispensable. Par contre, j'ai toujours été réservé, voire agacé par Daniel Schneidermann et son équipe. Il aurait presque fallu une autre émission, arrêt sur "arrêt sur image" pour décrypter leurs parti-pris et leurs petits arrangements. J'ai souvent trouvé que la droite prenait plus de coup que la gauche, que les critiques de David Abiker étaient parfois mesquines et imméritées. Il m'est arrivé plus d'une fois de voir des invités malmenés, coupés parce qu'ils ne délivraient pas le discours qu'on attendait d'eux. Certains s'en sont même plaints. En dehors de la présentation de cette émission, Daniel Schneidermann a d'autres casquettes, dont celle d'employeur. A ce titre, il n'hésite pas à licencier, quitte à se faire condamner aux prud'hommes. C'est aussi un journaliste de presse écrite, qui a suffisamment de relations et de surface pour atterrir à Libération après avoir été viré du Monde. Je me méfie toujours de la critique d'un système menée par quelqu'un qui en est au coeur et y occupe des positions de pouvoir.

L'arrêt de cette émission ne me désole donc pas trop. Le concept a fait ses preuves et pourra être repris par d'autres, moins contestables que Daniel Schneidermann. Finalement, ce serait presque une bonne nouvelle.

La fabrication d'un martyr

Romain, jeune journaliste, s'est retrouvé en prison, un beau soir de mai 2007, après avoir été arrêté place de la Bastille à Paris, un pavé à la main, lors d'affrontements avec la Police.

Aujourd'hui, ce jeune homme tient un blog, enfin, on en tient un pour lui. Il est plutôt bien écrit, avec du fond. Une vision de la prison de l'intérieur, ce n'est pas si fréquent. A coup sûr il en tirera un bouquin à sa sortie de prison, dans peu de temps maintenant. Dans ce blog, il raconte son quotidien de prisonnier, on le sent proche, humain, presque un copain parti en vacances sur une île lointaine. C'est d'ailleurs le but de cette opération, donner de la chair, de l'épaisseur, de la proximité à une personne qui n'est jusque là qu'un prénom, pour en faire un martyr.

C'est l'une des multiples opérations qui vont être montées pendant cinq ans pour tenter de faire passer Nicolas Sarkozy pour un dictateur sud-américain, un nouveau Pinochet. Et ce Romain est parfait pour ouvrir le bal. Il a tout pour que les 25-35 ans, lecteurs de blogs urbains, cultivés et plutôt aisés s'identifient à lui. Parisien, profession intellectuelle, vie rangée et classique, hétéro, blanc. Et que lui est-il arrivé ? il est tombé sous les coups de "gestapo sarkoziste". Cet "innocent" va purger quatre mois de prison ferme alors qu'il n'a fait que caillasser la police, ce qui pour certains dans cette mouvance est une action louable et légitime. On crée ainsi une bannière, une image pieuse, comme autrefois les chrétiens persécutés avaient leurs martyrs sanctifiés et objets de culte.

Cette histoire pieuse peut être vue sous un angle plus prosaïque. Comme l'explique très bien maître Eolas, Ce jeune homme a violé la loi, en pratiquant ce que l'on appelle des "violences volontaires". Que diriez vous si on vous lançait un pavé sur la figure ? La loi est la même pour tous et je ne pense pas que celle qui réprime les violences volontaires soit illégitime. C'est pourtant ce que suggère, en filigrane et sans le dire ouvertement, l'existence même de ce blog, parce que cette violence serait exercée sur les forces de l'ordre, et que forcement, un jeune qui lance des pavés sur les gendarmes mobiles ne peut être qu'en état de légitime défense, nécessairement. Il en va autrement d'un militant de la FNSEA jetant un pavé sur les CRS, qui n'aurait certainement pas eu son blog de prisonnier hébergé sur libé.fr.

Car derrière tout cela, on trouve cette mouvance libertaire d'extrême-gauche, qui refuse l'autorité, qui crache sur les forces de l'ordre. C'est eux qui ont paralysé le gouvernement Jospin, qui n'a pas osé avancer sur le terrain de la sécurité, le laissant à la droite avec le résultat que l'on sait. Je tiens ici à réaffirmer la nécessité de la police, gardienne des lois et leur application. Le monopole de la violence légitime doit rester entre les seules mains de l'Etat, dont les instances sont désignées démocratiquement. Le coup de force ou la révolution ne font pas partie de ma culture politique. Bien entendu, la Police doit être maintenue dans des limites et n'exercer que le minimum de contrainte et de restriction des libertés publiques. Malgré quelques bavures et erreurs (la perfection n'est pas de ce bas monde), il faut reconnaitre que les forces de l'ordre font plutôt bien leur travail en France, ce qui est loin d'être le cas partout dans le monde, même dans les pays occidentaux (et je pense aux USA). C'est quand la Police est absente qu'il n'y a plus de justice, contrairement à ce slogan "Police partout, justice nulle part", qui est la marque de ces libertaires d'extrême-gauche qu'il faut combattre car ils représentent un danger pour la démocratie.

vendredi 15 juin 2007

Pas inspiré

Il y a des moments où il ne se passe rien. Comme actuellement. Certes, des évènements se produisent, avec force commentaires, comme les petites querelles entre Ségolène et le PS, comme les postures de François Bayrou, comme les discours de Sarkozy ou de Fillon, c'est de l'écume médiatique, la simple traduction dans les faits de schémas déjà connus et largement expliqués.

Jusqu'à dimanche prochain (et encore), il ne se passera rien d'important, d'essentiel. Sur le plan électoral, depuis le 6 mai dernier, les choses sont dites. Les français ne s'y sont pas trompés, votant massivement pour les deux tours de la présidentielles et délaissant tout aussi massivement les législatives, comme on se désintéresse des décrets d'application une fois que la loi est votée. En cela, ils sont parfaitement lucides. L'épisode électoral est joué, mais pas encore terminé. Le gouvernement ne peut donc pas véritablement se mettre au travail, car cela implique de prendre des mesures qui fâcheront les conservatismes, les positions acquises. Réformer, cela veut dire avantager certains au détriment d'autres. Nous sommes donc dans une position d'attente qu'il est urgent de clore.

Les véritables sujets importants vont être les réformes lancées cet été par l'équipe Sarkozy, parce que nous aurons là le coeur de l'action de sa présidence. Dès la fin de l'année, nous aurons la feuille de route, nous saurons réellement ce qu'il veut faire et jusqu'où il veut aller, car je suis certain que certaines promesses de campagne ne sont que le premier étage de fusées plus importantes.

mercredi 13 juin 2007

Ultime erreur de campagne

La gauche, qui vient de se prendre une raclée au premier tour des législatives tente un ultime baroud, en agitant frénétiquement un argument censé retourner l'opinion. Ils ont décidé de matraquer médiatiquement avec un message simpliste, celui d'une augmentation importante de la TVA.

Ils n'ont décidement rien compris. Ce que veulent les électeurs, ce sont des projets d'avenir crédibles et cohérents, des équipes soudées et efficaces pour faire avancer le pays et traiter les vrais problèmes. Et le PS leur propose quoi, la diabolisation de l'adversaire et le spectacle de leurs propres divisions, avec une Ségolène Royal qui se fait tacler par le PS sur la question d'une éventuelle alliance (qui n'apporterait rien de concret) avec le Modem. Franchement, espérer faire croire à la population que le gouvernement va faire passer la TVA à 24,5%, c'est prendre les gens pour des idiots, surtout quand on sort cet argument du chapeau trois jours avant le second tour de législatives qui sont déjà pliées. Comme si cela ne sentait pas la grosse ficelle électoraliste, comme si les français n'étaient pas capable d'apercevoir la manoeuvre !

A part perdre le peu de crédibilité qu'il leur reste, je ne vois pas ce que cela apporte aux socialistes.

La part de l'homophobie réelle

J'ai souvent été frappé par le caractère assez unilatéral de la vision du monde des militants. Ils lisent et analysent tout en fonction de leurs clés de lectures, ne retenant que les faits qui les touchent, les font vibrer. Ils risquent souvent de se faire des idées fausses sur des personnes, par excès de focalisation sur un aspect précis que la personne en question considère comme très secondaire voire marginal.

Je viens de trouver un magnifique exemple chez Pascal de Finis Africae (contre qui je n'ai absolument rien, mais ça se trouve que c'est son post qui m'a fait réagir). Il fait un court (et très incomplet) listing des députés qu'il classe comme "homophobes". C'est un trait que l'on rencontre souvent chez les militants gays, que de mettre au coeur de leurs analyses les positions des politiques sur ce sujet, comme si ces élus accordaient une importance centrale à cette question. Dans la liste qu'il établit, on trouve effectivement des députés que l'on peut qualifier d'homophobes, Christian Vanneste et Jean-Marc Nesme. Ce dernier est d'ailleurs bien plus dangereux que Vanneste, ce cher Christian étant bien trop excessif et carbonisé médiatiquement pour être encore crédible. A ce petit noyau, on peut rajouter Jacques Myard. Ces quelques députés ne sont pas obnibulés par l'homosexualité, ils sont simplement partisans de "l'ordre moral" et il se trouve que l'homosexualité n'entre pas tout à fait dans ce cadre. Mais ils sont également pour la peine de mort, contre l'avortement, contre la prostitution. Ceux-là sont effectivement dangereux pour la cause gay.

A coté, il cite d'autres noms, qui à mon sens, n'ont pas lieu d'être inscrit sur une quelconque liste noire des homophobes. Il ne faut surtout pas croire que la signature du fameux "manifeste pour le droit fondamental de l'enfant d'être accueilli et de pouvoir s'épanouir dans une famille composée d'un père et d'une mère" soit une déclaration de guerre à l'homosexualité et un acte grave d'homophobie. Bien entendu que derrière, dans l'idée des promoteurs (le petit noyau dont je viens de parler), il y a une volonté de lutter, non pas contre l'homosexualité, mais contre l'influence du lobby gay sur les questions de société. Ce manifeste et cette entente sont surtout destinés à l'affichage politique à destination des électeurs (en particulier vieux et conservateurs). Les associations militantes et le lobby gay en général on promut le mariage et l'adoption par les couples homosexuels comme les "priorités", les mesures phares qu'ils souhaitent obtenir. C'est une vraie question de société, qui mérite discussion, et on peut parfaitement être en désaccord avec cette évolution de la famille. Je trouve que les militants gays ont un peu trop tendance à taxer d'homophobie toute personne qui s'oppose à leurs objectifs. C'est aller un peu vite en besogne. Pierre Lasbordes est un brave type, qui fait honnêtement son boulot de député et qui n'a rien d'un va-t'en-guerre homophobe. Même chose pour Valérie Pécresse, dont le tort est apparemment de ne pas considérer l'homoparentalité comme une question centrale. Enfin, sur Christine Boutin, oui le fait de brandir une bible à la tribune est une connerie, mais il faut arrêter de la voir uniquement par ce petit bout de la lorgnette. Depuis, elle a mis pas mal d'eau dans son vin de messe, et surtout, s'est lancé dans des combats politiques admirables, dénonçant notamment le scandale de la condition carcérale en France. Quand on cite une personne, surtout pour l'attaquer, on est prié de l'appréhender dans sa globalité et pas uniquement sur les épisodes qui apportent de l'eau au moulin de la démonstration militante.

Bien sûr qu'il y a un petit noyau pas franchement "gayfriendly" à l'UMP, mais il est limité et finalement assez isolé. Il devrait encore l'être davantage à l'avenir, car nombre de députés ne se sentiront plus obligés de "donner des gages" à l'électorat d'un FN en pleine décadence. Dernier point, il serait équitable, après être allé chercher les homophobes de droite de se pencher un peu sur les homophobes de gauche, parce qu'il en a aussi...

mardi 12 juin 2007

Pleurnichard

Malek Boutih s'en prend à François Hollande, le rendant responsable, avec la faible mobilisation des électeurs, de sa lourde défaite aux législativers en Charente. Il a en effet été éliminé dès le premier tour, distancé de 2000 voix par une socialiste locale soutenue par le député sortant. Boutih fait preuve d'une naïveté, ou plus surement d'une mauvaise foi quand il déclare : "François Hollande était venu me chercher quand j'étais président de SOS-Racisme, il m'avais donné sa parole qu'il renouvellerait le PS, qu'il m'aiderait à être élu, et il m'a envoyé au casse-pipe".

Il y a une règle en politique que Malek Boutih semble ignorer. On a ce que l'on se donne, et attendre d'un autre qu'il vous amène votre élection sur un plateau, c'est s'exposer à de lourdes désillusions. On en connait des "dauphins" qui se cassent la figure dès que leur parrain n'est plus là et qu'ils doivent se faire élire sur leur propre bilan, voire qui ne passent pas le cap de la première élection. A qui va-t-il faire croire qu'il a fallu le supplier, quand il était président de SOS-Racisme, pour franchir le pas et s'investir au PS. Tout le monde sait bien que SOS-Racisme et l'UNEF sont les classes prépa des futurs élus socialistes. Il n'y a pas eu à aller chercher Boutih, il est venu comme un grand, peut-être s'est il trompé d'écurie, mais ça, le choix d'un courant au PS, cela tient parfois de la loterie. Boutih a misé sur Hollande et le bourricot n'est pas arrivé en tête. C'est facile une fois que Hollande est en route vers la sortie de lui taper dessus.

Dans cette affaire, Malek Boutih ne peut s'en prendre qu'à lui-même. Il a été imposé de force dans une circonscription de gauche depuis déjà plusieurs mois. Il a eu le temps de la travailler, de s'y faire des réseaux et les conditions politiques nationales ont été les mêmes pour tout le monde. C'est sûr que la position de parachuté parisien en province n'est jamais une situation confortable, surtout lorsque l'on n'est pas le bienvenu et qu'il y a déjà des gens sur place. S'il n'a pas bien réussi ce travail de terrain, c'est de sa faute, pas celle de Hollande et si Boutih n'est pas content de la circonscription qu'on lui a donné, il n'avait qu'à se choisir un terrain d'élection lui-même et s'y imposer par ses propres moyens. Il y a en plein qui réussissent comme cela, mais cela prend du temps et demande beaucoup de travail...

lundi 11 juin 2007

Elle ne changera pas

J'ai trouvé l'intervention de Ségolène Royal, hier soir, particulièrement affligeante. Toujours ces mêmes platitudes débitées sur un ton monocorde. Quasiment pas de progrès ni sur la forme (et pourtant, ça se travaille) ni sur le fond (là aussi ça se travaille).

J'ai particulièrement réagi à ce passage : "Je ne vous accable pas, bien sûr, mais je vous dis de venir voter en vous rappelant qu'il y a dans le monde des hommes et des femmes qui risquent leur vie pour avoir le droit de vote."

A peine qu'elle n'accable pas !! Et en plus, elle prend les électeurs de gauche pour des enfants capricieux. Combien de fois, étant gamin, on m'obligeait à finir mon assiette en me rappellant que dans le monde, il y a plein de petits enfants qui ont faim, et que ce n'est pas bien de faire le difficile, qu'il faut manger de tout. Ce détail m'est revenu immédiatement, tellement la situation est analogue. Mais qu'est ce que c'est que ces électeurs de gauche qui font les difficiles sur le menu que leur propose leur cantine habituelle, qui ne veulent remplir correctement les urnes...

J'ai une pensée compatissante pour mes amis militants au PS, qui sont bien parti pour l'avoir comme première cantinière secrétaire.

Rapide bilan

Le premier tour des législatives est conforme à ce que l'on attendait. Une vague bleue, qui permet à la droite de conforter une majorité déjà large. On s'achemine probablement vers un groupe UMP autour des 400-420 députés. Cela me satisfait.

Globalement, le Modem a échoué dans sa tentative (quasi impossible) de former un groupe parlementaire. Il pourra avoir tout au plus quatre députés (dont François Bayrou, seul assuré de garder son siège). Mais ce sont les électeurs du Modem (et non pas les candidats Modem) qui feront la différence, là où le scrutin n'est pas déjà acquis. Quand un candidat est au dessus de 47% au premier tour, avec au moins dix points d'avance sur son challenger, on considère que les jeux sont faits. C'est la grande inconnue que de savoir où ils pencheront, et bien malin qui peut le prévoir, car cet électorat Modem est hautement volatil, réellement indépendant. Il suivra les éventuelles consignes de vote si ça lui chante. Une partie ira certainement à gauche, mais pas sur n'importe quel candidat. Les reports Modem-PCF ne seront sans doute pas terribles, par contre, DSK qui apparait en difficulté peut compter sur cet électorat.

Le PCF poursuit sa lente descente, mais ne s'effondre pas. Avec une quinzaine de députés, il leur sera possible de former un groupe en s'adjoignant les verts qui resteront (peut-être seulement Mamère d'ailleurs), les radicaux de gauche. Le grand perdant est le PS, qui n'était pas bien haut et qui risque encore d'y laisser des plumes. Je note que le parachutage "sauvage", qui consiste à expédier de jeunes loups parisiens dans des territoires où ils n'ont aucune attache, ne fait pas recette. Olivier Ferrand et Malek Boutih sont éliminés dès le premier tour.

A noter aussi l'élimination sans gloire de quelques vieux notables de droite, qui ont persisté à se représenter malgré leur non-investiture (Maurice Giro, dans le Vaucluse, René Galy-Dejean, à Paris, Edouard Leveau en Seine-Maritime). Dans beaucoup de cas, on s'aperçoit à droite que l'investiture UMP fait la différence, très nettement. En général, sauf forte implantation locale, la dissidence ne paie pas. Enfin, une pensée spéciale pour Damien Meslot, dans le Territoire de Belfort, qui rate la réélection au premier tour de 3 voix, avec le très rageant score de 49,99%.

Pour les résultats définitifs, il faudra attendre dimanche prochain, car les jeux restent ouverts dans pas mal de circonscriptions. Comme à chaque fois, nous aurons des résultats sur le fil, des outsiders qui arrivent à remonter un retard. La conjoncture locale pèse parfois lourd, ce qui interdit d'être trop catégorique à la simple lecture des chiffres. A dimanche donc !

jeudi 7 juin 2007

Manipulation journalistique

Les quotidiens gratuits prétendent être les égaux de la presse payante et leurs rédacteurs se disent "journalistes". Je veux bien le croire, car ils tombent dans les mêmes travers que leurs collègues de la presse payante.

Dans le numéro de "Metro" de ce matin, en page 3, un petit article parle de Camille de Froment, jeune candidate Modem dans la 1ère circonscription de la Creuse. La tonalité générale de l'article est celui de la gentille bergère, fraiche et pimpante, qui se lance dans la politique avec toute l'ingénuité des novices. Elle serait arrivée au Modem par le biais des petites annonces. Elle envoie son CV et hop, elle est retenue. Notre charmante jeune fille, journaliste de profession court alors chercher de la colle au supermarché et semble imporviser une campagne artisanale. Bref, on est dans le cliché "votre candidate fraicheur" sur le mode conte de fées. Bien entendu, sa famille l'aide et la soutient, le frère fait la photo, maman assure l'intendance.

Pourtant, dans cette petite présentation, Alexis Picard, le "journaliste" qui signe l'article oublie un petit détail qui peut avoir son importance. Il mentionne bien le frère, la mère, mais quid du père ? Est-ce qu'il aide fifille ? Parce que le papa, Bernard de Froment, peut être utile. Enarque, il vient de quitter le conseil d'Etat pour passer avocat. Et surtout, il a été élu député RPR de la Creuse en 1993 (battu en 1997 et 2002) justement dans la 1ère circonscription, celle où notre charmante et fraiche Camille se présente. Accessoirement, Bernard de Froment a été président du Conseil général de la Creuse de 1994 à 1998 et est toujours maire de Saint-Fiel, une des nombreuses communes de la circonscription.

C'est sûr que là, l'image fraicheur et renouvellement en prend en sacré coup, la bergère ingénue se muant en héritière qui cherche à reprendre le siège perdu par papa. Le journaliste de Métro s'est-il fait "enfumer", avalant sans vérifier le communiqué de presse de la candidate ou a-t-il oublié volontairement de mentionner cette information pourtant pertinente et utile ? Quelque soit la réponse, on est là dans la faute professionnelle.

Le Parlement aux ordres

Nicolas Sarkozy a une conception très extensive des pouvoirs de la présidence de la République. Un peu trop à mon goût. Ce matin dans le figaro, Il maintient sa volonté de voir la présidence de la commission des finances accordée à un membre de l'opposition.

Qu'il contredise ses ministres et les obligent à la stricte obéissance, c'est son droit. Dans la constitution, il est écrit que le président nomme et met fin aux fonctions des ministres. Il a donc une autorité hiérarchique directe. Cela, je ne le conteste pas, même si je pense qu'il va un peu loin (à son profit) dans l'équilibre entre le président et le premier ministre.

Par contre, le président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale ne relève pas du pouvoir exécutif et n'est pas nommé par le président de la République. Il est élu par les membres de la commission des finances, qui sont libres de mettre qui ils veulent à ce poste. Voir ainsi traiter les parlementaires avec autant de désinvolture et de mépris me gêne profondément. Il est inacceptable, au nom de la séparation des pouvoirs (même si elle est théorique parfois) que le président se permette ainsi de donner des ordres aux députés.

Cela indique clairement que la revalorisation du rôle du Parlement, ce n'est pas pour tout de suite. Allez Patrick, tes propositions, tu peux les mettre directement dans le tiroir, elles ne serivront pas ce coup-ci.

mercredi 6 juin 2007

Catho à l'ancienne

Le diocèse catholique de Toulon-Fréjus n'aime pas Marilyn Manson. C'est sûr qu'on ne va pas trouver les grenouilles de bénitier à ce concert.

Mais de là à appeler à des prières pour l'annulation de ce concert, et surtout, inviter les fidèles à faire sept fois le tour de la salle où doit se tenir le concert. Est-ce pour faire s'écrouler les murs du Zenith de Toulon, comme autrefois les hébreux ont détruit les murailles de Jéricho ? On tombe dans le pitoyable et le détournement de la religion. Marilyn Manson se dit sataniste, c'est surtout un argument marketing. La position la plus intelligente est encore de l'ignorer. Visiblement, il y en a qui ne l'ont pas encore compris et qui persistent à donner une image pitoyable des chrétiens, mais aussi du rôle de la prière et de ce que l'on peut attendre de Dieu.

Les réformes gadgets d'Ollier

Patrick Ollier est en campagne pour conserver la présidence de l'Assemblée nationale. La mode étant au catalogue de promesses, Patrick a donc sorti le sien. Jean-Pascal Picy donne le détail des mesures, avec de rapides commentaires. On y trouve un peu de bon et beaucoup d'inutile. Les constats de base sont toujours les mêmes, la faiblesse du Parlement face au gouvernement est source d'un déséquilibre préjudiciable à la démocratie. Comment faire pour donner un peu plus de pouvoir aux députés (puisque c'est surtout eux qui sont visés par le candidat Ollier).

Les propositions Ollier ne vont pas très loin, c'est bien plus un toilettage (timide) qu'une révolution, mais au moins, il lance des idées qui restent réalisables. Mieux vaut des petits trucs faisables que des grandes théories qui resteront dans les cartons. Mais en se limitant ainsi, Patrick Ollier ne règle absolument rien, et de toute manière, il tombe dans la même impasse que les autres en croyant qu'il faut changer les procédures. Elles existent, mais les parlementaires n'ont pas le courage de les utiliser ! Combien de saisines du Conseil constitutionnel par le président de l'Assemblée nationale ? Combien de députés se rendent directement dans les administrations pour demander communication de documents, pour voir comment se déroule une procédure ou simplement pour donner un coup de pied dans la fourmillière et activer un peu la sortie d'un décret ? Les parlementaires ont pourtant un pouvoir de contrôle sur pièces et sur place. Quand le président de l'Assemblée, ou même un député un peu connu tape du poing sur la table, il est entendu, car si le coup de colère est justifié, il aura sans problème les relais médiatiques et donc un moyen de pression efficace pour faire avancer le dossier. Bon, c'est vrai qu'ensuite, il en paiera le prix (plus de subventions pour sa circonscription, plus de décorations, ses amendements ne seront plus adoptés...), et c'est bien là que le bât blesse, c'est là qu'il faudrait agir pour renforcer réellement le contrôle parlementaire.

Un autre exemple de cette volonté de créer des outils qui existent déjà, ou qui pourraient être facilement créés en interne, la possibilité pour les députés à utiliser les services de la Cour des comptes et des corps d'inspection comme experts. Mais se rend-il bien compte qu'il a tout sur place, chez lui, dans ses murs. L'Assemblée nationale possède un corps de fonctionnaires, les administrateurs de l'Assemblée nationale. recrutés sur un concours de niveau ENA, ce sont des cerveaux brillants, qui entrent jeunes à l'Assemblée et qui y restent parce qu'il n'est pas dans la tradition de ce corps de se faire détacher dans une autre administration. Ils sont gérés en dépit du bon sens, comme l'ensemble des ressources humaines de l'Assemblée nationale d'ailleurs. Quand il entrent, on les met dans des services à très forte charge de travail comme la séance ou les commissions. Là, ils rédigent des notes, des rapports (en général très bien faits) que personne ou presque ne lit. Ils bossent jour et nuit à suivre un secteur donné, se documentant, pour finalement n'en ressortir qu'assez peu de chose. Beaucoup sont des "nègres" de luxe pour les députés. Quand un parlementaire sort un rapport, vous pouvez être certain que ce n'est pas lui qui l'a écrit. Il s'est contenté de donner les grandes orientations, l'a relu pour s'assurer qu'il était globalement (certains députés lisent quand même attentivement et mettent pas mal leur griffe) en accord avec ce qui allait être mis sous son nom. Je suis admiratif devant la force de travail et la qualité des productions de ces administrateurs. Au bout d'une dizaine d'années, quand ils se sont plus ou moins tués à la tâche, on leur donne une promotion comme chef de division ou on les verse dans les services administratifs, un peu comme on réforme un cheval de course. On les met au vert et on les remplacent par la chair fraiche qui vient d'arriver. En organisant un peu mieux le travail, on pourrait tirer bien plus de choses des capacités des administrateurs, de leur intelligence, de leur connaissance des dossiers et de leur expérience.

Sur la question des droits de l'opposition, là encore on s'engage dans une mauvaise direction. Ce qui compte n'est pas de donner tel ou tel poste à l'opposition. Ce qu'il faut, c'est leur donner un accès aux vrais lieux de décisions et à l'information, à toute l'information. Ensuite, c'est à l'opposition de faire son travail et d'exploiter politiquement ce qu'elle sait. Que voulez vous qu'on fasse pour obliger l'opposition à jouer son rôle si elle n'a pas envie de travailler ! Je les vois bien, les députés d'opposition. Certains n'en ont rien à faire et ne sont pas présents. Ceux qui bossent (et il y en a) ont les moyens d'être informés (même si on pourrait faire mieux), de se faire entendre. Là encore, c'est une question de "vouloir" plus que de "pouvoir".

Pour finir, quelques satisfecits et encouragements. Le meilleur des propositions est dans le chapitre "meilleur fonctionnement de l'Assemblée". C'est normal puisque c'est ce qui dépend le plus directement du président. Passons sur l'informatisation de l'hémicycle, qui aurait dû être fait depuis plusieurs années. Patrick Ollier souhaite revoir le nombre de commissions et leurs attributions, ce qui n'est pas franchement un luxe. Je me demande à quoi cela sert d'avoir une commission pour la Défense et une autre pour les Affaires Etrangères alors que ce sont deux domaines où le Parlement n'a quasiment aucun pouvoir. Une seule suffirait, comme au Sénat. Par contre, mettre dans une même commission Affaires sociales et affaires culturelles est une erreur. La présidence est souvent trustée par un ponte de la médecine, qui ne s'intéresse qu'à la sécu et délaisse les autres dossiers, dont les affaires culturelles (enseignement, culture...). Une autre demande est parfaitement justifiée, celle d'un delai raisonnable entre le dépôt et l'examen d'un projet de loi, ainsi que le respect du calendrier de travail annoncé. Le gouverment se comporte avec une désinvolture sans nom vis-à-vis du programme de travail, qu'il gère uniquement en fonction de son confort et de son intérêt. On a vu parfois la discussion de textes décalée ou avancée en fonction d'un déplacement à l'étranger du ministre chargé de le défendre.

La clé de l'équilibre n'est pas forcement dans les institutions et les procédures, mais plutôt dans les hommes qui les font fonctionner. C'est tout un état d'esprit qu'il faut réformer, parce que des procédures, ça se contourne et ça se détourne en fonction des nécessités du moment et des rapports de force.

mardi 5 juin 2007

La poudrière du 9-3

Un rapport vient de paraître (plus ou moins officiellement) sur la dégradation des relations entre la police et une partie de la population de la Seine-saint-Denis. Cette information n'est pas franchement une surprise. La haine des jeunes de banlieue pour la Police, les graves problèmes de délinquance, la puissance de l'économie parallèle, tout cela est connu, de longue date. Il n'y a pas que dans ce département que le problème se pose, mais il atteint là une masse critique que l'on ne rencontre nulle part ailleurs.

Qu'il puisse exister des zones de non droit, qu'une partie de la population, qui plus est concentrée dans une zone géographique restreinte, soit en rejet des institutions et des règles, c'est une situation inacceptable. La réponse ne peut pas être seulement sécuritaire, et pourtant, tout le monde semble ne voir que cet aspect. La question centrale, ce n'est pas le symptôme, mais le mal profond, celui de l'exclusion et de la ghettoïsation des plus pauvres. La société française des quarante dernières années n'a pas pu ou voulu mettre les moyens nécessaires pour réduire la "fracture sociale", l'abandon des populations les plus faibles. Je suis inquiet pour l'avenir sur ce sujet, car je ne sens pas dans le projet de Nicolas Sarkozy la volonté de s'y attaquer. Il ne s'en occupe pas parce derrière, il n'y a pas de demande sociale, car le programme de Nicolas Sarkozy est une offre bâtie après examen très approfondi de la demande. Les français continuent à considérer la politique du ghetto, de la banlieue-poubelle, comme une solution acceptable à la question de la grande misère et de l'immigration. La seule contrainte est d'arriver à maintenir le couvercle de la marmite bien fermé.

On pourrait mener une autre politique sur ce sujet. Certes, il faudrait y mettre les moyens, mais ce n'est pas seulement une question d'argent. C'est aussi une question d'acceptation de l'autre, d'acceptation de la mixité. C'est un problème qui devient de plus en plus lourd à mesure qu'on avance dans le temps, car plus une frange de la population s'enfonce, plus la mixité devient difficile à mettre en oeuvre. Moi-même, j'accepte un peu de mixité sociale, mais il y a des limites. La clé du problème, c'est le choix ou non de partager.

C'est le résultat de l'égoïsme d'une génération, celle qui a pris le pouvoir dans les années 70 (voyez de qui je veux parler...) et qui a refusé de partager, avec les autres, mais aussi avec les générations futures. Ils ont tout bouffé pour leur plaisir, leur confort, laissant les plus pauvres sur le bord du chemin. Dans les années 70, avec la fin du modèle économique des "trente glorieuses", la ressource à partager est devenue moins abondante (même s'il en restait). Le choix aurait pu être fait de réduire la voilure pour tout le monde, chacun prenant sa part de récession. C'est un autre choix qui a été fait, celui de préserver la part de certains, et tant pis pour les autres (en général ceux qui n'avaient pas accès aux centres de décision). On en paie aujourd'hui le prix, majoré des intérêts de retards. Et malheureusement, ce n'est pas fini.

lundi 4 juin 2007

Elire un président de Conseil général

La critique militante est toujours aussi aveugle et bornée. Olivier (continues, tu es parfait dans le rôle) vient encore d'en donner une preuve concernant le conseil général des Hauts de Seine et le fait que Nicolas Sarkozy soit toujours conseiller général. Il se scandalise de cela et se lance dans les grands cris sur le scandale d'un tel cumul (et que je garde le poste et les indemnités).

Une petite explication technique. Quand un conseil, qu'il soit municipal, général ou régional doit élire son président, il doit être au complet. Si ce n'est pas le cas, on organise une élection partielle pour pourvoir le ou les postes vacants. Si Nicolas Sarkozy avait démissionné de son poste de conseiller général avant l'élection de son successeur, il aurait fallu d'abord pourvoir à son remplacement. Les législatives ayant lieu en juin, il aurait été difficile d'organiser un scrutin partiel, vu les délais. En effet, c'est le préfet qui fixe les dates d'élections partielles, après accord du ministre de l'Intérieur. Vu que le gouvernement a démissionné la veille de l'entrée en fonction de Nicolas Sarkozy, il n'est pas certain que MAM ait pu traiter cette question rapidement. Elle avait bien autre chose à faire. Ensuite, il faut quinze jours francs entre la convocation des électeurs et le jour du scrutin, ce qui est bien court (même si une cantonale partielle à Neuilly n'offre aucun suspens quant au résultat). Les opposants n'auraient pas manqué de crier au scandale, à l'élection en catimini avec une durée de campagne aussi courte et complètement occultée par les législatives. Vient ensuite la période estivale pendant laquelle il n'est pas envisageable d'organiser le moindre scrutin.

Tout cela nous aurait amené à une élection partielle à la mi septembre et une élection du président à la fin septembre. Pendant tout ce temps là, le poste aurait été vacant, avec un vice-président assurant l'intérim et surtout, des prétendants se livrant une guerre fratricide. En restant conseiller général le temps d'élire un nouveau président, Nicolas Sarkozy a fait acte de bonne gestion, assurant une transition rapide qui permet au Conseil général des Hauts-de-Seine de continuer à fonctionner correctement. Patrick Devedjian ayant été élu président, Nicolas Sarkozy devrait démissionner sans tarder. En 1995, Jacques Chirac avait ainsi démissionné de son poste de maire de Paris le 16 mai, mais était resté conseiller de Paris jusqu'à la fin du mandat, en juin, pour permettre l'élection rapide de Jean Tibéri, installé maire de Paris dès le 22 mai 1995.

Comme quoi, avec beaucoup de mauvaise foi, on arrive à faire trois baignoires de mousse avec un gramme de savon.

dimanche 3 juin 2007

Si, le G8 est utile

Contrairement à Alexandre, je pense que le G8, réunion des chefs des Etats les plus puissants économiquement est utile. Certes, il n'en sort rien de bien grandiose, les résultats et les communiqués officiels sont d'une grande pauvreté, mais ce n'est pas là qu'il faut regarder.

Ces sommets ont un autre rôle, celui de permettre aux dirigeants des principaux pays de la planète de se rencontrer régulièrement, de se connaitre et de pouvoir échanger librement, en face à face. Le G8 est utile quand on trouve Chirac, Blair, Schroder et Bush assis dans un canapé. Parce qu'ils ne parlent pas de la pluie et du beau temps, mais traitent des dossiers aux enjeux très lourds. On peut ainsi désamorcer des crises, exprimer directement le fond de sa pensée. A notre petit niveau, on imagine très difficilement que de très grandes décisions internationales tiennent à des facteurs personnels. Suivant le degré de connaissance (et de confiance) qui unit deux chefs d'Etat, une situation peut se débloquer ou s'envenimer.

Les sommets officiels à date fixe ont cette particularité de permettre à deux chefs d'Etat plus en moins en bisbille de se rencontrer sans que cela ne soit mis sur le compte du litige. Avec Poutine au G8, je suis à peu près certain que l'on a parlé gaz et énergie. On a sans doute aussi parlé Irak entre américains et européens. Allez donc organiser une conférence internationale des chefs d'Etat sur ces deux sujets sensibles! Monter une rencontre au sommet n'est pas chose banale, et quand les principaux dirigeants de la planète n'ont pas d'occasion comme celle du G8, il est parfois très difficile d'en organiser sur des sujets "ad hoc". Car s'il n'en sort officiellement rien, on va crier à l'échec. Alors que s'il ne sort rien d'un G8, tout le monde ou presque s'en moque.

Si le G8 ne servait réellement à rien, les chefs d'Etat ne se déplaceraient pas en personne et enverraient des sous-fifres.

vendredi 1 juin 2007

La peur des responsabilités

La réforme des universités est de nouveau en route. Après un premier raté en 2005 (par manque de courage politique), voilà l'université française remise sur la voie de l'autonomie. Lancée dans la foulée de la victoire et délestée d'éventuels chiffons rouges (sélection à l'entrée, hausse des droits d'inscription), elle ne suscite pas pour l'instant de réactions trop négatives, même si les organisations de gauche ne semblent pas très enthousiastes. Elles se rendent compte que la chose se fera, sans qu'ils puissent réagir, alors mieux vaut s'asseoir à la table des discussions et essayer de peser (un petit peu) sur le contenu de la réforme.

Jusqu'à maintenant, la gouvernance des université fonctionne selon le modèle du "bordel ambiant". Depuis 1968, les universités ont obtenu d'être démocratiquement auto-gérées, avec des conseils et des instances exécutives élues. Il faut voir dans quelles conditions se déroulent les conseils, la manière dont se prennent les décisions. J'ai été membre d'un conseil d'université, il y a quelques années. Je ne pense pas que les choses aient beaucoup changé depuis. J'assistais à des réunions qui duraient des heures (en général, l'après midi y passait), mal préparées (il n'était pas rare d'avoir les documents en début de réunion seulement) où chacun voulait prendre la parole pour faire entendre sa petite musique avant que le président de séance ne fasse passer à la sauvette les décisions déjà arrêtées ailleurs. Les conseils d'université sont de vastes mascarades, peuplées d'universitaires et d'étudiants plus compétents en agitation politico-syndicale qu'en gestion d'une structure administrative. Le résultat est dramatique et permet de comprendre en partie l'état où se trouve l'université française.

Maintenant que les universités vont être autonomes, qu'elles pourront librement recruter (les enseignants, mais aussi les personnels administratifs), qu'elles seront libres d'établir leur budget et de faire appel à des fonds privés, les choses devraient changer. Ceux qui se plaignent de l'état d'abandon du système universitaire vont maintenant avoir les moyens de le faire évoluer, sans les pesanteurs de la tutelle, sans les contraintes administratives qui retardent et paralysent tout.

Cette réforme est une révolution pour les universitaires et va sans doute provoquer un séisme dans ce petit monde clos, dans les prochaines années. Désormais, les universités seront autonomes (plus ou moins rapidement selon de degré de frilosité) et donc responsables de leurs résultats. Car autonomie rime avec responsabilité et lisibilité des résultats. Dans quelques années, certaines universités auront décollé, d'autres en seront toujours au même stade. Puisque l'on ne pourra plus accuser un tiers (en général l'Etat) d'éventuels mauvais résultats, il faudra bien que certains (voire beaucoup) se remettent en cause. Et en premier lieu les universitaires, ainsi mis devant leurs responsabilités. Cela risque d'être la fin des utopies et le retour sur terre pour des universitaires qui se prennent parfois pour des consultants indépendants, qui n'acceptent aucune évaluation autre que celle de leurs pairs, et encore, dans des limites étroites sans que cela sorte du cénacle. L'auto-gestion est sans doute un bel idéal, mais dans la réalité, c'est une source de gabegie d'inefficacité. Le problème pour tous les gauchistes qui peuplent l'université française, c'est que cela va se voir, et qu'il va bien falloir soit changer, soit expliquer pourquoi il faut continuer à aller dans le mur. On aura alors un exercice de vraie démocratie, celle où les enjeux et les choix sont clairs. Une révolution culture, je vous dis !