Débriefing à froid
Par Samuel, jeudi 3 mai 2007 à :: Politique :: #398 :: rss
Sans être du live blogging, mon billet d'hier tenait de l'analyse à chaud, en cours de route. Avec un peu de recul et surtout quelques avis d'autres téléspectateurs, je suis mieux armé pour revenir sur ce débat qui a tenu toutes ses promesses.
Un débat à ce niveau et à ce moment d'une élection, ce n'est pas un échange sur un programme, c'est un match de boxe où on tente de prendre l'ascendant sur son adversaire par le choc des tempéraments, la déstabilisation. Et c'est un exercice utile, car il permet de révéler les personnalités, notamment quand elles sont confrontées à l'adversité. Là dessus, le débat a été riche. On a vu un Nicolas Sarkozy moins flamboyant que d'habitude. Il a toujours été sur ses gardes, cherchant à éviter la faute. Il a laissé Ségolène Royal mener le combat, donner le rythme. C'est elle qui devait avancer, qui devait attaquer. Et elle l'a fait, avec énergie et un certain talent. Elle est bien meilleure débatrice qu'oratrice seule à la tribune (à l'inverse de Sarkozy, brillant orateur).
Quel bilan, qui a gagné ? Ce n'est pas évident de répondre franchement, car les deux protagonistes n'avaient pas les mêmes objectifs. Pour Ségolène Royal, il fallait prendre l'ascendant psychologique et faire "péter les plombs" à son adversaire. Elle a réussi à mener la danse, c'est indéniable, imposant le rythme et les thèmes du débat. Elle a parfois poussé Nicolas Sarkozy dans ses retranchements, alors qu'à l'inverse, elle n'a pas été titillée trop souvent ni réellement menacée. Mais la citadelle Sarkozy a tenu, il a su garder son calme et éviter le KO. C'était là son seul objectif, car dans ce débat, c'est lui qui avait tout à perdre. Sur ce plan de la confrontation des personnalités, victoire de Ségolène Royal au points. Mais au final, qu'est ce qui importe, gagner le débat ou gagner l'élection ?
Cela changera-t-il quelque chose au vote ? Les militants et ceux qui ont déjà fait leur choix n'ont pas de raison d'en changer. Le débat n'a rien apporté de suffisamment neuf comme information, aucun candidat n'a craqué. Restent les indécis. Beaucoup ont du rester sur leur faim, car le débat est surtout un test de personnalité. C'est un élément qui compte dans l'appréciation que l'on se fait d'un candidat, mais il n'y a pas que cela, loin de là. Il y a aussi le programme, les idées politiques, les talents oratoires, la qualité des équipes. Les échos que j'ai pu avoir d'indécis centristes sont mitigés : Sarkozy a été décevant, mais Royal a été agressive (et ça, l'électeur centriste n'aime pas). Résultat, l'indécis centriste est sans doute encore plus indécis.
Commentaires
1. Le jeudi 3 mai 2007 à , par Oppossum
2. Le jeudi 3 mai 2007 à , par Osmoz
3. Le jeudi 3 mai 2007 à , par prevalli
4. Le jeudi 3 mai 2007 à , par Ludovic
5. Le jeudi 3 mai 2007 à , par Osmoz
6. Le jeudi 3 mai 2007 à , par Rlyeg
7. Le jeudi 3 mai 2007 à , par Ras
8. Le jeudi 3 mai 2007 à , par prevalli
9. Le jeudi 3 mai 2007 à , par Oppossum
10. Le jeudi 3 mai 2007 à , par Osmoz
11. Le jeudi 3 mai 2007 à , par fw.isildur
12. Le vendredi 4 mai 2007 à , par Oppossum
13. Le vendredi 4 mai 2007 à , par Osmoz
14. Le vendredi 4 mai 2007 à , par FrédéricLN
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