Travailler en équipe
Par Samuel, mercredi 21 mars 2007 à :: Reflexion :: #351 :: rss
Savoir travailler en équipe est une compétence recherchée, et rare dans notre système français, surtout chez les "chefs" et les managers. Nous avons le culte, en France, du génie, de la forte personnalité sur qui tout repose, l'homme (ou la femme)providentiel. On a souvent des équipes qui n'en sont pas, parce que construites sur un modèle où les équipiers sont au service du chef, doivent se caler sur son rythme, sur ses manières de travailler. Dans ce modèle, le chef ne délègue pas, il sous-traite.
Le vrai travail en équipe implique que tous soient soumis à la règle, y compris le leader. Chacun a une tâche définie à accomplir pour que le projet aboutisse. Le "chef" est alors celui qui est chargé de la coordination, des arbitrages, de l'animation et de l'impulsion. C'est un état d'esprit totalement différent, où le leader accepte que tout ne soit pas fait à sa mesure, selon son bon plaisir. Il accepte que des éléments importants de la réalisation ne soient pas sous son contrôle étroit, et donc de "dépendre" de membres de son équipe.
Arrivé à un certain niveau, les tâches ne peuvent plus être accomplies par une seule personne, même entourée d'une noria de conseillers, d'assistants. Toute géniale qu'elle puisse être, cette personne est limitée, humaine, elle ne sait pas tout, ne peut pas tout. Travailler en équipe offre la possibilité de créer des synergies, les équipiers concentrant leur énergie sur le projet. Ils utilisant leurs talents de la manière la plus optimale, au lieu de devoir passer une partie de leur temps à se mettre dans les pas d'un autre. C'est bien plus valorisant quand la tâche que l'on a bien faite est reprise tel quel, que l'on retrouve sa marque dans les réalisations.
Les équipes politiques de campagne sont de bons exemples d'étude. Nicolas Sarkozy est quelqu'un qui travaille réellement en équipe. Il a su réunir autour de lui de vrais talents (notamment son excellent directeur de campagne, mais aussi sa plume, Henri Guaino). Il fixe la ligne globale, anime l'équipe, arbitre les conflits, mais il ne prétend pas tout faire. Il participe à la rédaction de ses discours, mais une fois que le texte est arrêté, il s'y tient. Quand ses conseillers lui donnent son agenda du jour ou de la semaine, il sait que le tri a déjà été fait, des arbitrages réalisés et il ne va pas s'amuser à bouleverser son programme, parce qu'il en a envie, parce qu'il fait ce qu'il veut comme il veut. Travailler en équipe, c'est admettre que d'autres puissent être meilleurs dans des domaines précis et leur faire entière confiance. Beaucoup de nos politiciens français, formés dans les grandes écoles, n'arrivent pas à se mettre cela dans la tête.
Ségolène Royal est exactement à l'inverse de ce mode de fonctionnement. Ses équipes découvrent le contenu des discours en même temps que le public, le prononcé pouvant être assez différent de ce qui avait été écrit. Si l'envie lui prend, elle bouleverse l'agenda et improvise des visites, comme dimanche dernier au salon de l'Etudiant. On comprend que des collaborateurs puissent péter les plombs, comme l'a fait Eric Besson, qui dénonce ce mode de fonctionnement. Au delà de la charge électorale, son propos ne traite en fait que de cela, l'incapacité de Ségolène Royal à accepter de travailler réellement en équipe.
Arrivé à ce niveau de responsabilité, c'est pourtant indispensable de travailler en équipe. Quand on regarde bien ceux qui sont arrivés au sommet, ils ont toujours su travailler en équipe. Ils n'auraient pas dit, comme Ségolène Royal "tout dépend de moi".
Commentaires
1. Le mercredi 21 mars 2007 à , par Lucas Clermont
2. Le mercredi 21 mars 2007 à , par Authueil
3. Le mercredi 21 mars 2007 à , par JaK
4. Le mercredi 21 mars 2007 à , par oppossum
5. Le mercredi 21 mars 2007 à , par Authueil
6. Le mercredi 21 mars 2007 à , par Passant
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