Quand on veut tuer son chien...
Par Samuel, vendredi 16 février 2007 à :: Médias :: #306 :: rss
... On l'accuse d'avoir la rage. C'est ce qui est arrivé à Alain Duhamel, écarté sans ménagement de la couverture de la campagne présidentielle pour avoir fait son coming-out centriste. C'est à mon sens un prétexte saisi par le direction de France Télévision pour écarter ce vieux briscard du journalisme politique (il animait déjà le débat Giscard-Mitterrand en 1974). Si l'idée est de virer les vieux dinosaures qui encombrent l'antenne, ce n'est pas forcement une mauvaise idée. Certes, les vieux peuvent avoir encore beaucoup de talent, mais les jeunes en ont aussi. Il faut leur permettre de s'exprimer, les faire éclore, et pour cela, il faut faire de la place sur les plateaux télés et autour des micros. Vu sous cet angle, la mise à l'écart (relative) de Duhamel, 67 ans, sur les écrans de télévision depuis 1970, ne me paraît pas scandaleuse.
C'est la manière de faire qui est plus gênante. Comme c'est encore un pilier de ce milieu fait de connivences, de renvois d'ascenseur et de barbichettes tenues, l'animal pouvait se débattre et résister à la mise en fourrière. Il fallait un prétexte, gros de préférence, qui ne lui permette pas de faire jouer ses réseaux et qui le disqualifie. L'opération a réussi, du moins à court terme. Parce que sur le long terme, les retours de flammes risquent d'être méchants. L'hypocrisie du prétexte est souligné par tous les commentateurs. Si on devait virer de l'antenne tous les journalistes "politisés", il ne resterait plus grand monde sur les plateaux télé. Tout le monde connait maintenant les liens consanguins entre les milieux politiques et ceux de la presse nationale, qu'elle soit écrite ou audiovisuelle. Ils se marient même, preuve de l'existence de points de contacts fréquents. Au moins, Alain Duhamel a l'honnêteté d'assumer ce qu'il est, un centriste bon teint, ce qui est un secret de polichinelle. C'est d'ailleurs là son tort, car il se serait déclaré de gauche ou d'extrême-gauche, il n'aurait pas été dérangé. Autre retour de flamme, il va maintenant exister une "jurisprudence Duhamel", qui permettra de mettre au placard les journalistes ayant exprimé leurs choix politiques personnels. La chasse est désormais ouverte ! Si vous avez des vidéos de journalistes du service public qui annoncent clairement leur couleur politique, envoyez les au PDG de France-Télévisions, vous savez, celui qui a écrit "Conversations", le livre de campagne de Madame Chirac, en 2002...
Commentaires
1. Le vendredi 16 février 2007 à , par jeune prof et de droite
2. Le vendredi 16 février 2007 à , par diogene
3. Le vendredi 16 février 2007 à , par jima
4. Le vendredi 16 février 2007 à , par migus
5. Le vendredi 16 février 2007 à , par ff
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