...trois bourdes bonjour les dégâts. Après le temps de travail des enseignants, les jurys citoyens, les maladresses au Moyen-Orient, voilà que Ségolène Royal récidive avec son commentaire sur la justice chinoise, plus rapide qu'en France. Cela devient tellement pathétique que l'on relève désormais les gaffes, sans avoir besoin d'en rajouter, le texte brut suffit.

Autant les premières fois, on pouvait penser que Ségolène Royal ne voulait pas trop en dire, de peur de griller de bonnes cartes alors qu'elle n'en était qu'au stade de la candidature à la candidature socialiste. Elle pouvait aussi dire qu'elle souhaitait lancer un débat, sans avoir de solution toute faite, pour justement être disponible aux avis. On pouvait croire qu'il s'agissait d'une nouvelle manière de communiquer, que la candidate prenait certes des risques en heurtant de front, mais que c'était calculé.

Plus ça va, plus je me demande (sans polémique partisane) si elle maîtrise tant que cela sa communication. Certes, elle est entourée de conseillers pointus, de spins doctors, qui assurent le stratégique, la communication institutionnelle, les communiqués de presse. Mais ils ne maîtrisent pas la candidate, qui "dérape" trop régulièrement et à chaque fois dans un contexte où elle n'a pas ses notes toutes prêtes, quand elle est en situation, dans le feu d'un débat, quand elle répond à des questions non préparées. Bien sûr, à chaque fois, ce sont des bourdes que ses amis s'efforcent de rattraper, parfois avec talent, parfois de manière pathétique comme Jack Lang sur la "bravitude". Cela peut arriver une fois de prendre des raccourcis de la pensée, et d'être mal compris. Mais là, cela commence à faire beaucoup !

C'est encore trop tôt pour porter un jugement définitif, mais les signes sont inquiétants. Cela donne à penser que Ségolène Royal n'est tout simplement pas à la hauteur de la tâche. Chef de l'Etat implique de savoir trancher seul et vite, de réagir au quart de tour, de savoir rebondir lors d'une conférence internationale, ou même lors d'une discussion impromptue. La valeur réelle d'une personne se juge quand elle est seule face à l'adversaire, quand elle n'a que ses propres ressources. Il y a des fonctions où il ne suffit pas d'être gentil, proche des gens. Tout le monde n'a pas les capacités pour être président de la République, sinon, pourquoi ne pas tirer au sort le prochain président ? Une campagne est faite justement pour révéler, mettre à nu la vraie personnalité, l'endurance, la capacité. Et il reste encore 100 jours à tenir.

A titre de pur amusement, je serais curieux de voir ce que donnerait Ségolène Royal comme candidate à Koh Lanta.