Début septembre, la blogosphère s'est prise d'agitation pour la défense du purin d'ortie. Cette affaire a été déclenchée par une inspection administrative dans l'Ain, chez un paysagiste-élagueur, par ailleurs adepte des méthodes naturelles de traitement. Un lien a été fait avec une mesure votée dans la loi d'orientation agricole, qui interdit toute publicité pour les produits phytopharmaceutiques qui n'ont pas d'autorisation de mise sur le marché.

Une campagne de mails en direction des autorités politiques a été lancée, avec un certain succès, les médias nationaux ayant relayé l'information. Les premiers éléments de réponse un peu consistants en provenance de l'administration commencent à arriver, notamment des lettres de Dominique Bussereau, ministre de l'agriculture.

Il affirme explicitement que le fait de donner des recettes comme celle du purin d'ortie n'est en rien interdit. Je cite "Les préparations effectuées par un particulier pour une utilisation personnelle, telle que le purin d'ortie, ne rentrent donc pas dans le cadre d'une mise sur le marché. En conséquence, la promotion auprès des particuliers de procédés naturels ou le fait de donner la recette de telles préparations ne sont pas interdites. Les produits naturels traditionnels, élaborés à la ferme ou au jardin, peuvent donc continuer à l'être sans obligation d'autorisation préalable."

Par contre, la commercialisation et la distribution, même à titre gratuit, de ces produits reste interdite, ce qui est normal. Il existe une obligation pour un fournisseur de garantir que ses produits sont sans danger pour l'utilisateur et pour l'environnement. C'est d'ailleurs pour cela qu'est faite l'autorisation de mise sur le marché. Le ministre rappelle au passage que "naturel" ne veut pas dire sans danger et que le ciguë et la belladone sont aussi des produits naturels.

Il apporte une précision sur le contrôle administratif qui a été à l'origine de l'affaire, ce qui est l'occasion d'enfoncer le clou sur la nécessité de recouper et de vérifier les sources. Je cite à nouveau "S'agissant de l'inspection chez un paysagiste élagueur dans le département de l'Ain, cette procédure rentre dans le cadre des missions habituelles menées par les services régionaux de la protection des végétaux et des directions régionales de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes. L'inspection visait à déterminer la nature exacte des activités de l'entrepreneur. Elle n'est donc nullement la conséquence des dispositions de la LOA.". On n'est jamais trop prudent et il faut avoir la position de toutes les parties avant de se lancer dans une croisade.

Les choses sont maintenant assez claires et la réponse du ministre aux questions écrites des parlementaires, dont nous avons maintenant la teneur, permettront d'avoir une position officielle opposable à l'administration. Cela méritait-il tout le foin et l'éruption d'indignation que l'on a vu sur certains blogs ?